Nalla – 2

Fhurie était heureux de vivre de nouveau au manoir de la Confrérie, au début il avait eu peur de retomber dans ses travers de drogué, mais Cormia était là et tout s’était bien passé. Le plus important c’est qu’ici Cormia était plus près de Doc Jane. Il ne l’avouerait pas, sauf peut-être à Z., mais il s’inquiétait vraiment beaucoup pour sa shellane et le bébé. Et si comme Bella, il y avait des complications? Il préférait ne pas y penser, sa shellane l’avait sauvé de lui-même, il ne pouvait même pas envisager une seule seconde de vivre sans elle. Le fait qu’il ne soit plus le Primâle l’aidait. Il avait tout son temps pour s’occuper de Cormia et d’elle seule. Depuis que Trez avait pris sa place comme Primâle de l’espèce afin d’échapper à un mariage arrangé tout ce passait au mieux pour les élues. Celui-ci avait gardé « la politique » de Fhurie et si les élues voulaient vivre dans le monde et avoir un compagnon, elles en avaient la possibilité. Trez ne s’accouplait qu’avec celles qui le souhaitaient vraiment à commencer par sa première compagne Selena. Pour le moment, la Vierge Scribe semblait satisfaite de cette situation principalement parce que plusieurs jeunes étaient nés ces dernières années.

Un plateau rempli de nourriture entre les mains, Fhurie poussa la porte de leur chambre du manoir, la referma d’un coup de pied et s’avança vers le lit où sa shellane était assise. Il posa son fardeau sur les genoux de Cormia.

— Oh. Fhurie… je ne mangerai jamais tout ça! S’exclama sa compagne lorsqu’elle vit le contenu du plateau. Elle fut déçue quand elle constata que ce qu’elle convoitait ne s’y trouvait pas. Elle chercha à le cacher à Fhurie en prenant une bouchée de riz, mais ne put s’empêcher de grimacer légèrement.

— Quelque chose ne va pas? S’empressa-t-il de demander. Tu as grimacé!

— Non, non. Tout va bien. Ne t’en fais pas.

— Je sais qu’il y a quelque chose. Avoue!

— Euh… ce sont les asperges à l’aneth…

Fhurie baissa les yeux sur le plateau.

— Il n’y a pas d’asperges, constata-t-il à voix haute. Merde! J’ai oublié le pot neuf dans ma voiture! Je vais te le chercher tout de suite!

Il se redressa prestement et alla vers la porte.

— Tu n’es pas obligé d’y aller maintenant, je peux très bien attendre, proclama-t-elle.

— Pas question! Un mâle ne conteste pas les goûts et envies de sa compagne enceinte. Tu veux tes asperges marinées à aneth, ben j’en ai acheté la nuit passée pour toi. Je vais chercher le pot et je reviens.

Fhurie revient pourtant vers le lit, il se pencha et vola un baiser à Cormia.

— Avoue que tu t’ennuieras et que c’est pour ça que tu veux me garder ici, fit-il avec un sourire malicieux.

Cormia éclata de rire et le repoussa.

— Aller! Va me chercher ces asperges!

La porte se referma sur le mâle. Un large sourire sur les lèvres, Fhurie décida de se téléporter au garage. Ce sera plus rapide, pensa-t-il.

Il était au bon endroit… Il tourna sur lui-même, son regard jaune parcourant le garage. Pas de voiture. Donc pas de pot d’asperges marinées à l’aneth non plus. Il émit un grognement avant de se précipiter vers les écrans de contrôle que V avait installés dans un coin. Le fumier qui lui avait pris sa voiture allait le regretter, il allait lui tordre le cou. Fhurie fit défiler la vidéo de surveillance à toute vitesse, il figea l’image et sortit son téléphone tout en lançant le programme de localisation du GPS.

— Z, hurla-t-il quand quelqu’un répondit. Ta fille a piqué ma bagnole et s’est tirée avec!

******

Ce fut un bourdonnement de voix qui le réveilla lentement. L’esprit brumeux, Josh garda les yeux fermés. Tout son corps était douloureux et cela lui prit un bon moment avant de se rappeler où il était et de réaliser qu’il était toujours attaché à cette fichue table d’examen. Des attaches en acier le retenaient aux poignets, aux chevilles, à la taille et au cou. Ils s’étaient assurés qu’il ne pourrait pas bouger, ces salauds. La dernière fois, il avait eu le temps de démolir un des types avant qu’on ne lui tire dessus avec un taser. Mais pas cette fois, malheureusement. Bon sang, il avait cru qu’il y resterait cette fois-ci. Cela aurait peut-être mieux valu d’ailleurs, il se sentait tellement mal. En plus d’avoir la nausée, il avait l’impression que de la lave circulait dans ses veines et brulait tout sur son passage. Il ne savait pas s’il pourrait le supporter encore longtemps. Chaque fois qu’ils faisaient leurs sales expériences, c’était de pis en pis. Inconsciemment, il serra les poings et tira sur ses entraves. Le mouvement attira l’attention de ses geôliers. Josh laissa ses yeux fermés, il ne voulait pas les voir.

— Vous êtes éveillé, M. Hawkins. Félicitations encore une fois. Vous êtes spécial le saviez-vous? Vous êtes le seul à avoir survécu aussi longtemps. Normalement, après une ou deux séances les sujets meurent. Vous, après la cinquième vous êtes encore là. Étonnant. Dommage que nous ne puissions procéder à d’autres tests pour l’instant.

L’homme en blouse blanche se tourna vers son assistant.

— Nous ferons une autre série d’injection la semaine prochaine le temps que le sujet numéro 245 se remette de celle qu’il vient d’avoir.

Il n’était qu’un numéro de plus pour eux et il ne serait plus jamais un numéro, il se l’était juré. Il foutrait le camp d’ici, d’une façon ou d’une autre. Depuis la table métallique, Josh ouvrit les yeux et émit un grondement sourd venu du plus profond de sa poitrine, on aurait dit un fauve. Au début, il douta que le son vienne de lui, mais quand il vit les deux hommes en blouse blanche se retourner vers lui, il ne douta plus. C’était bien lui qui faisait ce bruit digne d’un animal.

L’assistant maigrichon paru effrayé par ce qu’il vit. L’autre homme par contre jubilait. Bien que Josh conserva un visage impassible, intérieurement il en fut horrifié. Mais que lui avait-on fait?

— Ramenez-le à sa cellule.

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