Nalla – 35

Cela faisait une semaine que Maxwell était mort. Josh s’était parfaitement remis de ses blessures. Tout juste s’il ressentait un petit tiraillement lorsqu’il faisait certains mouvements. Il se considérait comme chanceux de s’en être aussi bien tiré en définitive. Heureusement qu’il avait eu ce gène imparfait, sinon il ne serait plus de ce monde et n’aurait jamais connu Nalla.

Il se tenait debout près du fauteuil où elle s’était assise pour bercer le bébé. Le tout petit était né pendant qu’il était allongé à la clinique. L’accouchement de Cormia s’était très bien déroulé et tous les Frères s’étaient un peu payé la tête de Fhurie par la suite puisqu’il s’était évanoui lors de l’événement. Néanmoins, il était visible que l’oncle de Nalla s’en fichait carrément. Il n’avait d’yeux que pour sa Cormia et son fils.

Zadiste continuait de l’appeler n’importe comment, sauf par son nom. Dans un sens, Josh pouvait le comprendre. Il lui avait en quelque sorte pris sa fille. Seulement, le soldat savait que Nalla aimait son père énormément et que cela ne changerait jamais. Il avait même tenté d’avoir une conversation civilisée avec son beau-père. Bizarrement, ils n’avaient pas eu de difficultés à se parler calmement… Après une séance sur le ring, hier. Une sorte de statu quo s’était établi entre eux et à sa demande, la jeune femme avait cessé d’exiger que son père appelle Josh par son prénom. Tant que son hellren le tolérait, elle le tolérerait aussi. Cependant, Nalla avait prévenu son père et Josh que la prochaine fois qu’ils monteraient sur un ring pour se taper dessus comme des sauvages, ils devraient se trouver une autre chambre pour dormir. Aussitôt, Bella avait appuyé les dires de sa fille.

Josh observait tout ce beau monde qui s’était réuni dans le grand salon décoré en royaume de petite princesse. Il y avait du rose partout et Rosie était aux anges. Wrath Junior pour sa part affichait une mine dégoutée et cherchait vainement son jeu électronique dans ses poches; on le lui avait confisqué pour la nuit. Aujourd’hui, c’était la journée de Rosie, son anniversaire, et la gamine, qui venait d’avoir quatre ans, en profitait à fond. Comme elle déballait son dernier cadeau, elle parut soudain extrêmement déçue.

̶ Il est pas là, fit-elle tristement.

̶ Qui ma douce? Lui demanda son père. Tout le monde est là.

̶ Non. Il est pas là. Tonton V. avait promis qu’il serait là!

̶ V.? Il est juste là! S’exclama vivement Butch en pointant son pote du doigt.

̶ Papa! Tu comprends pas!

̶ Ma puce, appela doucement Viszs.

Rosie tourna un regard noisette abattu vers V.

̶ Ton cadeau arrive. Il fallait juste lui laisser un peu de temps pour se préparer.

Et un doggen entra dans le grand salon tenant dans ses bras un drôle d’animal fripé vêtu d’un top rose à l’effigie des Red Sox et d’un tutu de la même couleur. Un collier couvert de faux diamant lui ornait le cou. Pendant que Rosie criait de joie et se précipitait vers l’animal, Butch écarquilla les yeux, sidéré.

̶ Un petit chien! Un petit chien! J’ai un petit chien! Hurlait Rosie en sautillant autour du doggen.

̶ Tu appelles ça un chien? Beugla Butch en direction de V.

̶ Rosie m’a montré une photographie du chien qu’elle voulait et il ressemblait à ça. Alors c’est ce qu’elle a eu! Répondit le vampire en se roulant une cigarette, un sourire étirant ses lèvres.

̶ Mais ce n’est pas un chien ça! Protesta vigoureusement Butch. C’est un gros rat avec un toupet!

̶ Ils appellent ça un chien chinois à crête. Ça vient comme ça… pas de poil sauf sur la tête.

̶ Je continue à penser que c’est un gros rat! Tu ne peux pas songer à le lui laisser? Il va vivre avec nous à la Piaule! Et puis, avec ce chandail rose, tu insultes les Sox!

̶ Arrête de dire « il », c’est un « elle », corrigea le vampire aux yeux de diamant.

Butch en resta bouche bée. Les autres qui regardaient la scène ne purent s’empêcher de ricaner. Rhage, pour sa part, éclata carrément de rire s’attirant une solide bousculade de la part de l’ancien flic. Tout le temps que dura cet échange, Rosie courut dans la pièce en criant de joie et en faisant des courses-poursuites avec son chiot qui aboyait d’excitation.

Josh souriait. Pour la première fois de sa misérable vie, il était heureux. Il avait une femme qu’il aimait et qui l’aimait en retour. Et à travers elle, il avait hérité d’une famille nombreuse hors de l’ordinaire. Il observa Nalla, en train de bercer son jeune cousin. Sa femme. Un « MIENNE » résonna profondément en lui, une odeur d’herbe fraîche et de fauve se répandit dans l’air autour de lui. Son sourire s’élargit… Un jour, ce serait leur enfant à eux qu’elle tiendrait contre elle…

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